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Le démontage du revolver Smith & Wesson

Il va sans dire, mais on ne le répètera jamais assez: la toute première manipulation consiste à s’assurer que l’ARME NE CONTIENT AUCUNE MUNITION.

Le canon pointé dans une direction non dangereuse, vers les cibles au stand et vers le sol chez moi, l’index fort hors du pontet (le long de la carcasse), je bascule l’arme sur le côté gauche puis droite pour voir si je n’aperçois pas le culot d’une cartouche qui serait restée dans le barillet. C’est particulièrement facile depuis que Smith & Wesson a supprimé les drageoirs (1982). Regardez en haut à gauche de votre écran pour vous en convaincre.

En tenant l’arme de la main droite, l’index toujours loin de la détente, j’appuis avec le pouce sur le bouton d’ouverture du barillet, que nous appellerons d’ailleurs dorénavant “pouçoir”. Avec le majeur et l’annulaire de la main gauche placée sous l’arme, j’ouvre le barillet, doucement. Il ne faut jamais , JAMAIS, actionner le barillet comme Humphrey Bogart dans le film “Casablanca” (1942), d’un mouvement brusque du poignet: c’est le meilleur moyen de tordre le support-charnière de barillet (“yoke” en Anglais) ou la tige éjectrice ou les deux.

Le barillet ouvert, je vérifie que les chambres sont vides et que rien n’obstrue l’intérieur du canon.

Remarque concernant uniquement les revolvers Smith & Wesson fabriqués après 2002: une fois le barillet ouvert et que l’on a vérifié que toutes les chambres étaient vides, il reste encore une étape avant que l’arme soit en sécurité. Elle consiste à vérifier si l’arme est verrouillée.

En effet, sous la pression de l’administration de Bill Clinton (démocrate), Smith & Wesson installe depuis 2002 un verrou sur ses revolvers. Il s’agit d’une pièce interne qui vient bloquer le chien et la détente (pas le verrou de barillet) et qui s’actionne à l’aide d’une petite clef qui vient s’engager dans une serrure placée juste au dessus du pouçoir: un quart de tour à gauche pour verrouiller, un quart de tour à droite pour déverrouiller.

À notre très humble avis, ce verrou est peut-être “politiquement correct” mais c’est tout sauf un système de sécurité. En effet, rien n’indique si l’arme est verrouillée ou non et certaines personnes pourraient avoir le réflexe stupide de presser la détente pour vérifier si le verrou est engagé! NE LE FAITES JAMAIS !

L’erreur est humaine et lorsqu’on manipule des armes à feu, l’erreur peut être fatale. Pour ne pas commettre d’erreurs, il faut s’informer et se former. Puissent ces pages, modestement, y contribuer.

Attention: le démontage d’une arme nécessite certaines compétences techniques de base. Nous avons passé beaucoup de temps à rédiger ces textes mais, comme nous ne sommes pas en mesure de vérifier si vous possédez les compétences de base nécessaires à la bonne interprétation de nos indications, nous déclinons toute responsabilité. Avez-vous au moins les cheveux gris? Si vous n’avez pas les cheveux gris, vous n’avez pas, à nos yeux, assez d’expérience pour vous lancer!

On commence par ôter la poignée. Pour les plaques d’origine en bois, un des trucs de pros consiste à desserrer à moitié la vis de maintien et POUSSER avec le tournevis afin de faire sortir la plaque opposée. Une fois celle-ci retirée, on dégage la deuxième plaque en appuyant dessus, par l’intérieur de la poignée. De cette manière, on évite ces vilaines traces de lame de tournevis que l’on enfonce entre les plaques pour les séparer. Ici, le problème ne se pose pas car l’arme est équipée d’une poignée Pachmayr en caoutchouc.

Une remarque valable pour tout le chapitre “technique”: veillez à toujours utiliser un tournevis de la dimension correcte. Il n’y a rien de plus affreux que des têtes de vis âbimées.

Après la poignée, on retire ensuite le barillet. Celui-ci étant fermé, dévissez la vis située en avant de la plaque de recouvrement, côté droit de l’arme.

Une fois la vis retirée, ouvrez le barillet. Posez l’arme à plat, dégagez le support-charnière vers l’avant en le tenant avec la main gauche tout en retenant le barillet avec la main droite.

Pour un simple nettoyage de l’arme, il n'est pas nécessaire de démonter au delà. Sinon, lisez la suite.

Rappel: le démontage d’une arme nécessite certaines compétences techniques de base.

Nous avons passé beaucoup de temps à rédiger ces textes mais, comme nous ne sommes pas en mesure de vérifier si vous possédez les compétences de base nécessaires à la bonne interprétation de nos indications, nous déclinons toute responsabilité.

Avez-vous au moins les cheveux gris? Si vous n’avez pas les cheveux gris, vous n’avez pas, à nos yeux, assez d’expérience pour vous lancer!

Après avoir retiré le barillet et son support-charnière (voir 1ère partie), on va retirer la plaque de recouvrement, situé sur le côté droit de l’arme. Cette plaque est fixée par trois vis et, en haut, près de la hausse, par un ergot. La première vis, située à l’avant, a été retirée lors de l’étape précédente.

Repérez au passage la différence entre les trois vis de la plaque de recouvrement: celle à l’avant, qui retient le support-charnière de barillet, comporte —nous l’avons vu dans la 1ère partie— un piston captif et un ressort. La vis du milieu a la tête arrondie. Celle à l’arrière a la tête plate afin de ne pas présenter de relief sur lequel buterait la plaque de poignée.

Pour info, sur les modèles plus anciens, la plaque de recouvrement est fixée en haut non pas par un ergot mais par une quatrième vis. Le tout nouveau revolver Smith &Wesson, le monstrueux “.500” —eh oui, 12,7mm!— a repris cette solution technique.

La plaque de recouvrement est ajustée à la carcasse avec une extrème précision et elle ne sort pas d’elle même une fois les trois vis retirées.

Beaucoup la retire en faisant levier à l’arrière avec un tournevis passé dans la poignée. Il y a une meilleure méthode: tenir l’arme dans une main, bien à plat, le pouce juste au dessus de la plaque et tapoter sur la poignée avec un manche en bois. Par vibration, la plaque saute de son logement en trois ou quatre coups. Presque magique !

La platine comprend plusieurs sous-ensembles, qui feront l’objet de démontages supplémentaires.

Mais, avant de procéder, il est impératif —et combien passionnant— d’observer les pièces du mécanisme et de les actionner, délicatement, pour comprendre le fonctionnement de la simple action et de la double action. CLIQUEZ ICI POUR UNE VUE DÉTAILLÉE.

La première pièce que l’on retire de la platine est la barrette de sécurité de détente.

Cette barrette comporte dans sa partie haute un “drapeau” qui s’interpose entre la carcasse et le percuteur tant que la queue de détente n'est pas pressée à fond. Nous verrons plus loin que le revolver Smith & Wesson comporte plusieurs dispositifs de sécurité.

Cette barette s’enlève toute seule car son maintien en place est assuré par une simple rainure de coulissement dans la plaque de recouvrement.

La deuxième pièce que l’on démonte est le grand ressort à lame.

On dessere sa vis de pré-tension, située au bas de la poignée, face intérieure.

On dégage d’abord le bas du ressort puis on le désengage de sa biellette en haut.

Après le grand ressort (voir partie précédente), vient le chien.

Il faut pour cela actionner le pouçoir vers l’arrière et le maintenir dans cette position.

Une deuxième sécurité empêche en effet d’armer le chien lorsque le barillet est ouvert: lorsque l’axe du barillet n'appuie pas sur le verrou, la partie arrière de celui-ci vient se placer sous le chien et empêche sa rotation (voir photo ci-contre).

Ce dispositif trouve son origine dans la fâcheuse habitude de certains cow-boys de refermer violemment le barillet sur leur revolver chien armé.

Tout en maintenant le pouçoir en arrière, pour effacer la sécurité, on presse la détente, pour neutraliser le ressort puissant du bloc coulissant.

Il faut effectuer ces deux mouvements pour dégager le percuteur de son logement dans la carcasse et pouvoir retirer le chien.

Sur les "anciens" modèles, le chien comprend :

Sur les modèles récents, le percuteur n'est plus sur le chien mais intégré à la carcasse.

Les raisons de cette innovation nous sont inconnues. l’ancien système est d’une fiabilité irréprochable.

Observez sur la photo : les têtes de goupilles sont arrondies. Cela signifie qu’il faut utiliser des chasses goupilles ayant une cavité à leur extrémité pour éviter de les applatir.

Passons au bloc coulissant. Si, jusque là, le démontage est d’une simplicité enfantine, on passe maintenant aux choses sérieuses. Ceux qui hésitent peuvent encore faire marche arrière!

Rappel: si vous n’avez pas les cheveux gris, vous n’avez pas, à nos yeux, assez d’expérience pour vous lancer dans le démontage d’une arme !

Vous êtes toujours là? Alors poursuivons! La difficulté du démontage du bloc coulissant provient du fait qu’il contient le ressort de rappel de détente et, comme il est dans la nature de tout ressort digne de ce nom, celui-ci ne demande qu’à bondir, rebondir et… échapper à la vue de son propriétaire!

Il est donc recommandé de travailler dans un espace clos, bien éclairé et très propre, surtout pas dehors sur la table du jardin! Si vous êtes d’un naturel inquiet, vous pouvez copier le truc de Bobonne pour éplucher les oignons sans pleurer: démontez votre arme dans un sachet plastique transparent!

Pour enlever le bloc coulissant inférieur, appuyez à l’arrière avec l’extrémité d’un tournevis sur le ressort et, dans le même mouvement, dégagez le bloc de son pivot. Prenez la lame de tournevis la plus grosse possible. Le piston qui, à l’avant, relie le bloc à la détente a suffisamment de jeu latéral pour permettre ce mouvement sans forcer.

Remarquez au passage le bossage sur la partie supérieure avant du bloc coulissant, qui correspond au bossage de la partie inférieure du chien: c’est le troisième dispositif de sécurité qui équipe tous les revolvers Smith & Wesson, un système anti-rebond du percuteur. d’où le nom en anglais de cette pièce: rebound slide.

Le ressort d’origine Smith & Wesson compte 17 spires. C’est un moyen de vérifier si l’arme a subi des modifications: l’une des interventions les plus fréquentes consiste à raccourcir le ressort d’une spire (pour diminuer le poids de détente).

Sur les revolvers à grosse carcasse “N”, une petite tige est placée à l’intérieur du ressort et fait office de trigger-stop.

Le bloc détente se retire en même temps que le doigt élévateur (pièce qui assure la rotation du barillet).

Il faut pour cela maintenir le doigt élévateur vers l’arrière, pour qu’il se dégage de sa fenêtre dans la carcasse. Vous devez sentir la résistance de son ressort de rappel et ne pas forcer.

Lorsqu’on sépare le doigt élévateur du bloc détente, on entend un léger clic : c’est le ressort de rappel, contenu dans le bloc détente.

Pour démonter ce ressort, il faut chasser la goupille à tête ronde qui le retient. Il y a trois goupilles sur le bloc détente, disposée en triangle: c’est celle située vers l’arrière. Veillez à bien utiliser un chasse-goupille à tête creuse et un support adapté.

Le remontage de ces pièces est délicat et il sera expliqué en détail au chapitre remontage.

Pour retirer l’ergot de barillet (pièce qui bloque la rotation lorsqu’une chambre est alignée avec le canon), il faut tout d’abord l’enfoncer par le haut dans la carcasse avec un outil quelconque, afin de le dégager de sa fenêtre à l’aide d’une lame de tournevis que l’on glisse dessous.

On laisse l’ergot reposer sur le bord de sa fenêtre, la main gauche ne bouge pas et la main droite change d’outil: on saisit un tournevis plat à très fine lame pour comprimer le ressort de l’ergot et ainsi le retirer en même temps et sans l’âbimer.

Pour démonter le verrou, on commence par ôter le pouçoir, qui est retenu par une grosse vis.

Les modèles récents ont un pouçoir de forme différente, plus incliné et, selon certains, plus esthétique.

Comme nous l’avons expliqué précédemment, le verrou du revolver Smith & Wesson est équipé d’une sécurité: il n'est pas possible d’ouvrir le barillet si le chien est armé, ceci afin d’empêcher le tireur de charger et de refermer le barillet sur une arme dont le chien est armé.

Cela se fait grâce à la partie arrière du verrou, qui vient se glisser sous le chien lorsqu’on actionne le pouçoir pour ouvrir le barillet. Lorsqu’on relâche le pouçoir, le verrou est maintenu vers l’avant grâce à un ressort et un petit piston que l’on aperçoit sur la photo au fond de leur logement, désigné par le tournevis.

Il faut faire très attention: ces deux pièces sont minuscules, ce sont, de très loin, les plus petites pièces qui composent le revolver. Il faut faire extrèmement attention lorsqu’on retire le verrou de contenir ces pièces avec les doigts, d’éviter que le piston bondisse de son logement au moment crucial et soit perdu.

Ne travaillez jamais dehors sur la table du jardin, mais à l’intérieur, dans un local propre, rangé et bien éclairé.

La procédure de démontage est identique pour tous les revolvers Smith & Wesson à carcasse moyenne et grosse (identifiées K, L et N) et leurs clones Taurus, Rossi, Astra, etc.

Le démontage des revolvers Smith & wesson à petite carcasse (identifiée J) ne diffère que par quelques détails:

Le démontage complet du barillet ne présente pas de difficulté majeure à partir du moment que l’on sait que sur les armes fabriquées après 1961 il faut "serrer pour dévisser".

En effet, le barillet des Smith & Wesson tourne dans le sens inverse de celui des Colt. l’arme tenue devant soi, le Colt tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, le S&W tourne dans le sens anti-horaire.

Pour que la rotation du barillet ne dévisse pas la tige éjectrice si celle-ci s’est malencontreusement desserrée sous les secousses, ce qui bloque complètement l’ouverture, Smith & Wesson a décidé en 1961 d’inverser son pas de vis.

On commence par placer trois douilles percutées dans le barillet, pour éviter de forcer les tourillons de centrage de l’extracteur.

Avec la main gauche, on serre énergiquement à l’aide d’une pince plate la tige éjectrice, enveloppée dans un morceau de cuir pour ne pas la marquer. Un morceau de vieux ceinturon est l’idéal.

Avec la main gauche, on tourne le barillet dans le sens des aiguilles d’une montre (sens horaire).

Il est possible que le pas de vis ait été freiné par une goutte de Loctite.

Si la prise avec la pince n'est pas assez ferme, on serre la tige éjectrice dans un étau, toujours avec un morceau de cuir, pour ne pas l’âbimer.

Si vous intervenez sur une tige éjectrice dont le pas de vis vous est inconnu, essayez dans les deux sens sans forcer.

Une fois la tige éjectrice desserrée, le barillet se démonte facilement.

Notez bien l’ordre et le sens des pièces, pour le remontage.

Le barillet contient deux ressorts: le plus grand agit sur l’étoile de l’extracteur, le plus petit assure le verrouillage arrière du barillet et l’effacement de la sécurité de chien.

Il existe plusieurs longueurs de tige éjectrice et d’axe central, en fonction de la longueur du canon.

Sur les revolvers plus anciens, il y a une pièce supplémentaire: le joint d’étanchéité (gas ring). Il est maintenant directement usiné sur le yoke.

Sur les modèles plus anciens, les chambres de barillets ont également un drageoir (sillon destiné à accueillir le bourelet des douilles). Les drageoirs ont été supprimés par soucis de simplification industrielle et d’économie.

Observez les deux tourillons de centrage et la forme circulaire de l’usinage pour l’extracteur en étoile.

Sur les modèles plus récents, l’extracteur a une découpe carrée et les tourillons de centrage ont disparus, par souçi de simplification industrielle et d’économie.

Les revolvers actuels sont l’aboutissement de plus d’un siècle de génie armurier. Ils ne peuvent plus guère progresser qu’au niveau des choix industriels et économiques de fabrication, ou au niveau des matériaux employés.



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