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Après la marche : la démarche

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Quand, arrivée presque au bout de notre périple, au moment où j’aurais dû sauter de joie et savourer la réalisation d’un de mes plus grands rêves, j’apprends que des troubles ont à nouveau éclaté dans la capitale, avec plusieurs dizaines de morts, je reçois un choc, comme un choc électrique : notre histoire recommençait, telle que je l’ai toujours connue ! Cela ne finira donc jamais ? Et les dates de s’égrener dans ma tête : 1971, 1972, 1975, 1991, 2002 et maintenant 2009 ! 6 horreurs ! Trouver absolument un événement pour rompre avec cette morbide répétition ! Depuis que je suis née, du début de mon adolescence à ce jour, quel que soit le régime que nous avons mis en place, notre pays a régulièrement été confronté à des violences institutionnelles. C’est donc ce fonctionnement que nous avons cautionné ! Mon leit motiv dans mes discussions était que nous sommes responsables de ce qui nous arrive. Nous avons 50 ans d’indépendance cette année, qu’en avons-nous fait ? Tous ces morts, comme si c’était pour rien ?

Et repassent dans mon esprit tout ce que j’ai évoqué en chemin : les ressources et les compétences, mais aussi les handicaps de mon pays. D’un seul coup, tout prend sens : de ma place dans ma fratrie, aux études que j’ai faites (de la médecine, la psycho généalogie à la victimologie), de cette marche pour me connecter à la réalité de mon pays, au choix que j’ai fait de vivre en dehors alors que je l’aime tant (mais si j’y étais restée, aurais-je pu faire ce que je suis en train de faire ?) mais pas trop loin quand même, juste à une heure et demie de vol ,et surtout dans un endroit, La Réunion, où l’histoire est en lien étroit avec la nôtre :… La famille que j’ai créée a une certaine similitude avec celles des premiers habitants de cette île : père français, mère malgache, premiers enfants nés à St Paul.

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Mon ultime destination m’apparaît alors : je viens de m’offrir un cadeau pour célébrer mes 50ans, que puis je offrir à ce pays qui m’a offert mon premier souffle, où sont ancrées mes racines, pour ses 50 ans de liberté ?

Tout au long de ma route, la valeur omniprésente susceptible de nous rassembler m’est apparue comme étant ce culte des ancêtres. En regardant notre récente histoire, je réalise que nous avons failli, à notre devoir de mémoireen ne rendant jamais hommage, à l’échelle du pays, à toutes ces victimes des événements aux dates que nous avons citées précédemment. C’est pour cette raison que l’histoire se répète, comme à la recherche désespérée d’une solution.

C’est donc principalement par la psycho généalogie et la victimologie que le projet a émergé : nommer ses traumatismes pour les identifier et mettre en place une action autour de cette valeur commune qu’est le culte des ancêtres, pour renouer avec d’autres valeurs et poser une identité commune qui permettra d’investir toutes les diversités sans crainte d’être anéantie par l'inconnu, puisqu’on l’aura fait sien.

Tel est le but de ce projet de stèle pour Madagascar : permettre au pays de se mettre en paix avec son histoire, poser son identité, investir sa diversité comme une force et non comme une menace à son intégrité, et lui lui offrir ainsi l’occasion de se reconstruire sur des bases saines et plus stables. Pour cela, les mots ne suffisent pas, il faut modifier le vécu, donc, cela passe par le « faire ».

Arrêter de léguer la peur et les différents complexes à ses enfants en héritage, c’est préparer des adultes responsables qui pourront prendre en mains leur destin, et qui assumeront ce qu’ils sont.

Dans la civilisation malgache, réaliser ce devoir de mémoire revient, à mon sens, à prendre sa place dans la lignée de ceux qui nous ont précédés, assurer le lien entre notre ascendance et notre descendance. Garantir la continuité…

La diaspora a un rôle très important à jouer car il est difficile pour les gens au pays d’être sur le « tableau » et d’avoir assez de recul et une vue d’ensemble sur ce même « tableau ». Préservée des immenses difficultés consécutives à la crise à Madagascar, la diaspora a cette possibilité de faire le premier pas pour initier cette marche vers la stabilité et sortir le pays de son état de victime.

Alors, marchons ensemble pour faire cette stèle par amour pour Madagascar.

FAIRE DE NOS DIFFÉRENCES, UNE FORCE
DE NOS DIVERSITÉS, UNE RICHESSE

NOUS RASSEMBLER AUTOUR DE NOS VALEURS
POUR NOUS FORGER UNE IDENTITÉ COMMUNE

SE METTRE EN PAIX AVEC L’HISTOIRE



Pour voir les photos du spectacle organisé à la salle Don Bosco de Saint-Denis le 16 mai 2010 cliquez ici .
Pour contacter par mail l’association Miara-Dia porteuse de ce projet,
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